Artistes mexicains

MARIACHIS

José Alfredo Jiménez, l'icone des mariachis
« Je préfère le danger de te perdre au risque de ne pas t'avoir connue. »

Chanson populaire


« Guadalajara - Classico »

Septembre 2012

Les mariachis appartiennent au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de l'Unesco

Les mariachis appartiennent au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de l'Unesco

Evènement majeur pour la culture populaire mexicaine : le Mariachi mexicain est entré officiellement en ce mois de septembre 2012 au patrimoine culturel immatériel de l'Humanité de l'Unesco. Le vote des 24 membres chargés d'évaluer le dossier dimanche 27 novembre à Bali a été « positif et unanime » rapporte le quotidien mexicain La Jornada, qui insiste sur « l'enthousiasme des autorités mexicaines » qui ont dignement fêté cette bonne nouvelle.

« L'Unesco a décidé de reconnaître le Mariachi parce qu'il est - entre autre - transmis de génération en génération, qu'il y en a constamment pendant les fêtes religieuses et populaires, et qu'il renforce un sentiment d'identité et de continuité », s'est félicité l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire de la ville de Mexico à l'origine de la demande.

D'après l'Unesco les Mariachis transmettent des valeurs qui « encouragent le respect du patrimoine naturel des différentes régions du Mexique et de leur histoire locale, aussi bien en espagnol que dans les langues indigènes ».

L'article du journal Le Nouvel Observateur (12 septembre 2012)

L'histoire du Mexique a donné naissance à un folklore foisonnant et original. Les nombreuses fêtes civiles et religieuses qui jalonnent l'année s'accompagnent inévitablement de la musique des « Mariachis ». Ce mot désigne la musique populaire, celle qui nous vient immédiatement à l'esprit et qui est devenue la musique nationale mexicaine. Pensez à « La Cucaracha » qui est mondialement connue.

Mais on entend surtout les « corridos », ces chants qui exaltent la passion, le courage et la mort. Il s'agit en fait d'un curieux mélange de la musique enjouée espagnole et de la douce mélancolie indienne, qui fait la part belle aux sérénades, aux hymnes de la révolution et aux histoires de mauvais coups. La « Banda » est généralement un quatuor composé d'un chanteur, d'une guitare, d'une violon et d'une trompette. C'est un plaisir pour les touristes car il sont toujours en costume traditionnel, dit du « Charro », qui symbolise l'élégance de l'homme fier et viril, le prototype de Mexicain. C'est l'équivalent du cow-boy : un costume noir clouté d'argent, une lavallière et bien sûr le fameux sombrero.

Affiche pour une corrida à Uruapan - Michoacán - Mexique
Affiche pour une corrida à Uruapan

En fait, il ne faut jamais dissocier Mariachis et Charro, car l'un et l'autre ont les mêmes défauts : orgueilleux, bagarreurs, porté sur la boisson, menteur, parfois voleur... Bref, un « macho », difficilement fréquentable... Pourtant, même si on pense plus au fameux « Bandit mexicain » que l'on a vu dans les western, il faut savoir que c'est aussi le rebelle fier de son indépendance et attaché plus que tout à sa terre. Un homme libre. Ce n'est pas pour rien que la devise de la Révolution reprend ces deux thèmes : « Tierra y Libertad ». Zapata lui-même était un de ces charros qui se révèlent de bons soldats pour la révolution :

« Don Emiliano Zapata disparaissait comme un éclair,
volait littéralement sur son cheval,
montait à dos de taureau,
lançait le lasso,
dressait les chevaux. »

S. Robles

On comprend aussi l'importance des « Charreadas », les corridas mexicaines héritées des anciennes haciendas des colons espagnols et qui sont devenues, depuis le début du siècle, le sport national mexicain. Là, chacun peut montrer son talent équestre : la « Cala » qui consiste à stopper net son cheval alors qu'il est lancé au galop, ou les « Piales », en faisant la course avec un cheval sauvage et en tentant de l'attraper au lasso pour le mettre à terre. Et que dire du « colederos », l'exercice le plus dur, où il faut attraper et tordre la queue d'un boeuf sauvage pour le mettre à terre... Tout ce qui fait la grande tradition des hommes de cette terre si difficile.

L'ensemble « Sol de México »
Les Mariachis - Mexique
Ensemble de Mariachis pour un mariage...

C'est toujours une ambiance de fête qui se dégage des chants et des danses. Les mariachis expriment bruyamment leur joie de vivre, parfois jusqu'au délire... La fête est l'exutoire à la souffrance quotidienne et la joie, la seconde nature des mexicains. Mais les Mariachis ne sont pas seulement là pour nous distraire. Ils jouent pour eux-mêmes, pour exalter leur appartenance à la communauté mexicaine, insouciante et rebelle. On chante aussi son amour pour la femme tant désirée. Le Mexicain est un sentimental et cette image naïve de l'amoureux chantant une romance sous les fenêtres de sa belle est en fait une coutume encore couramment pratiquée, et qui marche toujours... A Mexico, en vous promenant le soir dans les ruelles éloignées du zócalo, ne soyez pas surpris si soudain une voix de ténor déchire le silence : le « latin-lover » est en action...

« Réveille-toi, tendre amour de ma vie, réveille-toi ;
Si tu dors, entends ma voix qui vibre sous ta fenêtre.
Avec cette chanson, je te fais don de mon âme.
Pardonne-moi d'interrompre ton sommeil, mais je n'ai pu m'en empêcher ;
Et cette nuit, je suis venu te dire : Je t'aime. »

« Despierta ! »

Ecouter la « Despierta ! » par Pedro Infante ( mp3 - 1,5 Mb )

Les Musiciens dans les ruelles de Taxco...
Les Musiciens dans les ruelles de Taxco...

Ces corridos, ces chansons d'amour, sont celles que l'on entend le plus souvent sur les places publiques. Il y a les « Marimbas », typiques du Chiapas et de Veracruz, et qui sont des orchestres aux mélodies dansantes et joyeuses où le marimba, un gros xylophone, tient lieu d'instrument principal. Il y a aussi un autre de genre de chansons : les Mananitas, qui comme son nom l'indique, « la matinale », est en fait une plaisanterie : on loue les services d'un orchestre pour qu'il joue au petit matin sous les fenêtres de la victime. Celui-ci doit bien finir par se reveiller er se présenter dans le plus simple appareil... Pour le soir, on peut se laisser bercer par ces chansons à la mélodie plus langoureuse. Dans toutes les grandes villes, vous n'aurez pas de mal à trouver une place où se produisent les mariachis. C'est la fête tous les soirs. Le pays est connu pour ça.

Mais si l'on y prête attention, on remarquera que peu à peu, avançant dans la nuit et tequila aidant, le chant de mariachi se fait triste puis grave. Après avoir vanté l'amour, il faut bien passer aux conséquences. Le mariachi sombre alors dans la mélancolie. On retrouve alors le thème de l'homme trompé ou déchu. C'est l'occasion d'entendre des chants semblables à des sanglots et des gémissements : c'est le seul moment où il peut exprimer la tristesse de sa condition. Il chante la perte de la femme aimée ou la vengeance qu'il mijote généralement contre le père ou le frère de la jeune fille. Parfois, c'est plus grave, comme pour la triste histoire de Rosita :

...Sa maman lui disait :
« Rosa, ne sors pas cette nuit Maman, c'est pas ma faute si danser ça me plaît... »
Hyppolite arriva à ce bal et vers Rosa se dirigea.
Comme elle était la plus jolie.
Elle le repoussa
« Rosita, ne me fais pas d'affront,
les gens pourraient le remarquer.
Et moi, qu'est-ce que ça me fait.
Avec toi, je ne veux pas danser ».
Il mit la main à la ceinture et un pistolet sortit.
A la pauvre Rosita, trois balles, pas moins, il envoya...

La vie n'est pas comme la luzerne,
qui repousse tous les mois,
Quand on coupe la vie,
c'est terminé pour toujours.

El Corrido de Rosita Alvidrez

L'origine du mot « Mariachi » est assez curieuse. Elle remonterait à la présence des Français pendant la seconde moitié du XIXème siècle, lors de l'occupation. On raconte qu'un jour, alors qu'il y avait une grande fête pour un mariage dans une hacienda occupée par ces français. L'un des convives, trouvant qu'il manquait un peu de musique, alla chercher les musiciens du village tout proche. Criant « mariage, mariage » et en imitant un joueur de guitare, il les invita à la suivre contre récompense. Les mexicains crurent que c'était le nom que l'on donnait en France aux musiciens. Fiers de l'honneur qu'on leur faisait, ils adoptèrent ce nom... tel qu'ils l'avaient compris. Ce nom a maintenant fait le tour du monde.

La Mecque des mariachis est Guadalajara (Jalisco). Là, on les trouve un peu partout dans le centre de la ville, à Tapatia, près de la cathédrale ou à Tlaquepaque, le centre artisanal et touristique. Je vous conseille d'aller faire un tour, en début de soirée, à la Plaza de los Mariachis près de Tapatia. Mais on les retrouve maintenant partout au Mexique. A Mexico-city, je vous conseille d'aller flâner du coté de la place Garibaldi, surtout en fin de journée. L'endroit est mythique et pittoresque. Vous y verrez la plus grande concentration de mariachis du monde ! Il y a là le « Tenampa », le bar mythique de l'âge d'or de la ville, à l'ambiance bruyante et enfumée, oú des fresques superbes rappellent à chacun la mémoire des grands noms. Peut-être pourrez-vous y voir et surtout entendre Miguel Rodriguez, Guillermo Capetillo ou Jorge Gutierrez...

José Alfredo Jiménez (1926-1973)
José Alfredo Jiménez

Pedro Infante (1917-1957)
Pedro Infante
« Je suis Mexicain,
Ma terre est farouche.
Parole de macho ! »
« Il n'y a pas de terre
Plus belle et farouche
Que ma propre terre. »

Dans le feu de l'action d'une soirée mexicaine, la tequila coule à flots et on se souvient de José Alfredo Jiménez, de Pedro Infante, des mélopées de Lola Beltrán, et des autres... On reprend en chœur les thèmes qui ont fait leur succès, hier et encore aujourd'hui. Sur la place, ce sont les statues à la gloire de Pedro Infante ou de Jaime Solès qui chantent pour l'éternité. Des mariachis vous harcèleront un peu pour vous chanter « una canción » qui vous coûtera quelques pesos. Sinon, dans tous les cafés des villes mexicaines, on trouve des juke-box lasers qui diffusent ces titres en permanence. ça attire toujours l'oreille (On entend parfois aussi du Dalida et même du Claude François !) Est-ce la mondialisation ?

Ecouter les succès des Mariachis ?

« Jarabes » (mp3 - 570 kb)

« Fiesta en Jalisco » (mp3 - 1,6 Mb)

Le célèbre Pedro Infante
Pedro Infante

« No Volvere » (mp3 - 1,9 Mb)

« Que Te Ha Dado Esa Mujer » (mp3 - 2,3 Mb)

« Las Mananitas » (mp3 - 2,3 Mb)

« Serenata huasteca » (mp3 - 1,9 Mb)

« El Mil Amor » (mp3 - 2,3 Mb)

Le célèbre José Alfredo Jiménez
José Alfredo Jiménez

« Tierra Sin Nombre » (mp3 - 1,4 Mb)

« Me Equivoque Contigo » (mp3 - 1,4 Mb)

« Canta, Canta, Canta » (mp3 - 2,2 Mb)

« Alma De Acero » (mp3 - 2,3 Mb)

Découvrir les Musiques du Mexique, des sélection...

Pedro Infante sur Last FM

https://www.last.fm/music/Pedro+Infante

« Musiques d'hier et d'aujourd'hui... »