Histoire du Mexique

Les Totonaques

 

Tete de serpent totonaque

Tête de serpent
Culture Totonaque, région de Veracruz

Aujourd'hui encore, les Totonaques forment le groupe le plus nombreux et le plus riche du golfe du Mexique, dans l'Etat de Veracruz. Leurs villages et les communautés que les composent conservent une grande unité culturelle et artistique. Actuellement, la ville de Papantla est leur capitale politique et religieuse. Dans les campagnes, l'activité reste tournée vers l'agriculture et l'élevage. Ils sont par exemple les grands producteurs de vanille...

Comme pour les autres peuples, l'origine des Totonaques est incertaine. Les nombreux tumulus et nécropoles souterraine que l'ont a retrouvé dans la zone de forêt vierge de l'état de Veracruz (nord-est du pays, golfe du Mexique), montrent une occupation ancienne mais qui n'a pas laissée de témoignages plus significatifs. Les premières traces des Totonaques apparaissent dans les premiers siècles, à l'époque où prospéraient encore les Olmèques plus au sud. On trouve de nombreuses similitudes, techniques et artistiques, entre ces deux peuples mais il semble que les Totonaques ont rapidement développé une culture originale qui finit par devenir brillante en quelques siècles. Autour de l'an 500-600, c'est la période classique. On leur doit le fameux site d'El Tajín, « la cité sacrée des morts et des tonnerres en tempête » et sa fameuse « Pyramides des Niches ». Mais rapidement, le déclin arrive. Il semble que des invasions de barbares aient désorganisé la région en peu de temps. Pourtant, l'ancienne capitale El Tajín renaît vers l'an 1000, grâce notamment à l'arrivée de migrant Toltèques, eux aussi chassés de leurs terres (près de l'actuelle Mexico) par d'autres invasions barbares. Ils vénéraient aussi le Quetzal, le « Serpent à Plumes » que l'on retrouve dans les autres légendes du centre du Mexique. Ils furent les alliés des Conquistadores pendant la prise de Tenochtitlán, la capitale aztèques Ils nous ont laissé des nombreuses figurines représentant d'étranges têtes souriantes ou des dragons.

 

La Pyramide des Niches - El Tajín

« La Pyramide des Niches » - El Tajín

« Les hommes avaient un grand trou dans la lèvre inférieure,
parfois garni d'un disque en pierre veinée de bleu...
Ils avaient aussi de grands trous aux oreilles,
où étaient insérés des disques de pierre ou d'or ;
leur costume et leur langue étaient bien différents de ceux des Mexicains
qui étaient dans le camp »

Bernal Díaz del Castillo décrivant les messagers Totonaques
de Zempoala venus rencontrer Hernán Cortès

Les Totonaques sont toujours présent au Mexique notamment à Papantlán, dans la Sierra de Puebla (Etat de Veracruz). On peut les voir exécuter la fameuse danse aérienne des « voladores », les « Hommes-Oiseaux », qui demeure l'une des attractions touristiques les plus surprenantes du Mexique. La « Danza de los Voladores » qui se déroule une fois l'an, en juin, durant la fête catholique du Corpus-Christi, est la cérémonie religieuse la plus importante des descendants des Indiens Totonaques. Les Impétrants (Trois ou quatre jeunes indiens qui vont se révéler être de véritables cascadeurs !) commencent par monter au sommet d'un mât d'une trentaine de mètres de hauteur. Là, ils nouent une longue corde à leurs pieds et attacher l'autre extrémité de la corde au sommet du mât. Les gestes et prières rituelles réalisées, ils se jettent dans un même élan dans le vide en tentant d'amorcer un mouvement de rotation durant leur chute... Si la manœuvre est réussie et surtout si elle est parfaitement synchronisée (et c'est pratiquement toujours le cas !), leur trajectoire autour du point d'attache décrit des cercles qui les font descendre peu à peu vers le sol : il faut réaliser 13 rotations pour que la figure soit réussit... C'est évidemment un rituel magique et symbolique. On peut y discerner les traces des anciennes croyances aztèques et on sait qu'ils étendaient leur influence jusqu'à cette région. Effectivement, leur calendrier fonctionnait selon un cycle de 52 années, divisé en 4 périodes de 13 années chacune, au bout desquelles un nouveau monde voyait le jour... On peut voir dans la « danse » de ces hommes-volants une « image » de ce cycle des 130 années, le rituel clôturant un nouvel et célébrant une nouvelle ère. On peut aussi penser que ces hommes symbolises la pluie qui fertilise la terre, ou comme les rayons du soleil...

 

Préparation à la danse du « Volador »

Les interprétations à ce rituel si étrange et si spectaculaire sont nombreuses et il est probable que plusieurs soient valables. On sait qu'il ne se déroulait à l'origine que tous les 13 ans, mais il semble que le sens de cette mise en scène symbolique soit le fruit d'apports culturels multiples. N'est-il pas simplement l'affirmation de ces jeunes totonaques fiers de montrer que, comme le dieux, ils peuvent voler dans le ciel... Selon l'ethnologue Walter Krickeberg, il faut s'imaginer les « voladores » comme « des guerriers et des sacrifiés, qui, selon les croyances indigènes, revenaient sur la terre sous la forme d'oiseaux et des papillons pour goûter le nectar des fleurs après avoir rendu hommage au Dieu-Soleil. Stresser Péan pense au concept cosmologique indigène au considère le ciel comme une divinité masculine dont l'essence est le feu, et la terre comme un être féminin dont l'essence est l'eau et le froid ; de leur union dépend toute la fécondité. Au sommet du mât, un danseur évoque les Dieux célestes en jouant de la flûte d'une main et en tapant sur un petit tambour de l'autre. Avant de grimper au mât, il joue à l'intérieur d'une église pour honorer le Dieu chrétien. Les « voladores » sont les messagers du ciel chargées d'apporter à la terre la semence de ce Dieu fécondateur (le ciel) d'où s'échappent les rayons du soleil, qui sont sa forme visible » (Gérard Krémer).

 

« Les Voladores » - « Les Hommes Volants »

« Les Voladores » - « Les Hommes Volants »

Pour en savoir plus :

http://en.wikipedia.org/wiki/El_Tajin (us.)

http://www.acfm.net/acfm/articles/art/voladores.html

Ecouter la musique évoquant les « Voladores » :

« Danza de Los Voladores » (Mp3 - 1,38 Mo)

 

 

Voir l'Exposition de l'Eté 2012 :

 

Le Cinquième Soleil - Arts du Mexique du 11 juin au 11 novembre 2012

Le Cinquième Soleil

Arts du Mexique du 11 juin au 11 novembre 2012
au Musée du président Jacques Chirac

L'exposition présente plus de 150 œuvres des arts anciens et populaires du Mexique, fondées sur un substrat amérindien largement partagé. Des prêts exceptionnels du musée du quai Branly, de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale et de collectionneurs privés, couvrent 3000 ans de création artistique, d'une extraordinaire diversité culturelle.

Cinquième Soleil, temps cyclique et fin des mondes
La légende des Soleils décrit la succession des quatre mondes, ou Soleils, qui ont précédé le Cinquième Soleil, monde des Aztèques dans lequel nous vivons encore. Chacune de ces quatre ères, associée à une divinité, s'est achevée par une catastrophe (jaguars dévoreurs, vent-tempête, pluie de feu, eau-inondation). Le monde actuel, créé à Teotihuacan, fut mis en marche par le sacrifice de plusieurs divinités, devenues notamment le Soleil et la Lune.

Pour que vive ce 5ème Soleil, les Aztèques poursuivirent l'œuvre des dieux par d'autres sacrifices : la marche de l'Univers devait être nourrie de cœurs humains et de sang, cette "eau précieuse" qui donne la vie et le mouvement. L'image de l'exposition représente la date Quatre Mouvement qui marquera l'achèvement du Cinquième Soleil…

A voir absolument !

Plus d'infos : http://www.museepresidentjchirac.fr/fr/f3.php