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Le Lac de Pátzcuaro (Michoacán)

 

" Michoacán : La terre de ceux qui possèdent le poisson ."

 

C'est un paysage de forêts de conifères et de vieux volcans éteints que l'on traverse pour arriver à Pátzcuaro dans l'état du Michoacán. C'est Cortès qui, le premier 1523, foula ces terres à la recherche d'un passage vers les mers de l'ouest dont on soupçonnait l'existence. Pátzcuaro est sa fierté. En tarasque, la langue des indiens de la région, son nom signifie "Le lieux des délices". La ville coloniale est réputée pour sa beauté typique et son grand marché du samedi. L'endroit est idéal pour se reposer de la fatigante capitale. Le matin, la ville est souvent recouverte d'une épaisse brume qui la rend onirique, d'autres diront triste. Pátzcuaro est aussi le nom du lac qui borde la ville. Au milieu de ce lac, l'île de Janitzio est une destination conseillée. C'est un lieu de pèlerinage, depuis des millénaires. L'île a une forme conique, et, de loin, on y aperçoit une énorme statue blanche sur son sommet : la fameuse "Statue de Moreles". On peut y aller en barque-navette mais il faut attendre qu'il y ait assez de passagers à son bord pour partir. Il faut 25 minutes pour faire la traversée.

 

 

Le rêveur...
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Le Lac de Pátzcuaro, vu de l'île de Janitzio

 

 

L'île est habitée exclusivement par des Indiens Tarasques qui ont su faire commerce de leur artisanat et réussi à faire prospérer leur ville insulaire. On les reconnaît à la forme rectangulaire de leur visage. Ils avaient la réputation d'être les ennemis irréductibles des Aztèques. En fait, ce nom de "Tarasques" vient de leurs conquérants espagnol. L'origine de sa signification est en fait infamante : c'est le nom que l'on donne au beau-frère (en souvenir des femmes que les Espagnols ont pris de force pour en faire leurs femmes). Le nom qu'ils se donnaient à eux-mêmes, en référence à leur prestigieux passé, était celui de Porhépecha. Ils vivaient dans cette vaste région au sud-ouest de Mexico (l'actuel Michoacán et l'état du Guerrero), sans jamais céder aux attaques des aztèques. Il vivaient ne paix car ils n'avaient pas l'âme de guerrier. L'arrivée des Espagnols fut dramatique. A la longue, eux aussi succombèrent et les survivants trouvèrent refuge dans les montagnes couvertes de forêts de leur région. Après une courte période de répit, ils furent lentement assimilés et christianisés. Le souvenir de leur prestigieuse civilisation a totalement disparu mais on discerne toujours sous leurs traits physiques et leurs manières, cette fière et noble origine dont on ne connais pas les origines. (Pour en savoir plus, je vous conseille de lire "Relation de Michoacán" de Jean-Marie Le Clézio, qui relate l'histoire et la fin tragique de ce peuple). Il n'est pas facile de leur faire parler espagnol. Seuls les enfants ne sont pas farouches. En les observant, on peut discerner :

 

 

"Cette sagesse, ce côté rêveur, un certain humour dans le sourire,

tout un ensemble secret que l'on aimerait connaître,

ce qui n'est pas toujours facile avec nos habitudes occidentales".

 

Les pêcheurs Tarasques du lac de Patzcuaro...

Les pêcheurs Tarasques du lac de Pátzcuaro

 

 

La seule route qui traverse l' île mène jusqu' à son sommet où se trouve cette statue de 20 mètres de haut qui, vue de loin, ressemble curieusement à la Statue de la liberté de New-York, sauf que celle-ci pointe la main vers le ciel. C'est la "Statue de Moreles" perpétuant le souvenir de cet homme remarquable qui se dévoua pour la cause indienne. Comme beaucoup d'autres peuples Indiens, ils n'oublient pas que les Blancs les ont toujours spoliés et asservis. Du belvédère qui entoure le monument, le panorama, pris en photo, est magnifique. On peut apercevoir les ruines de l'antique Tzintzuntzán, la capitale des Tarasques, qui eux aussi furent décimés par les Espagnols. Son style architectural diffère des autres constructions précolombiennes et les archéologues français qui ont étudié le site n'ont pas pu trouver le lien qui les unissait aux autres peuples de la région. On les considèrent comme descendants des Chichimèques mais sans plus de précisions. L'étude de leur langue n'a pas apporté d'éclaircissement. Leur origine reste un mystère. Le soir, je vous conseille de prendre le dernier bateau qui retourne à Pátzcuaro. Souvent, les musiciens qui viennent sur l' île distraire les touristes le prennent aussi pour rentrer. Si, par bonheur, un groupe d'enfants en voyage scolaire monte à bord aussi, je vous garantis un grand moment. Très rapidement, les musiciens commencent à jouer des chansons traditionnelles et les enfants reprennent l'air et les paroles en chœur. Comme il fait déjà nuit et qu'il n'y a pas de lumière à bord, une ambiance de rêve s'installe, une joie partagée. On se dirige tranquillement vers les lumières du port en traversant l'étendue noire du lac...

 

Le Memorial de José Maria Morelos sur l'île de Janitzio

Le Memorial de José Maria Morelos

 

 

 

Pour en savoir plus sur :

"La Géographie du Mexique"

Les paysages du Mexique :

"Le Lac de Chapala"

"Le Volcan Paricutín"