Le Volcan Paricutín (Michoacán)
« Le Paricutín est le plus beau spectacle du monde. Article du National Geographic - 1944
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C'était en février 1943, près du village de San Juan, ou Parangaricutiro selon la dénomination indienne, dans la province centrale du Michoacán qui est une zone très montagneuse. Un matin, un modeste paysan qui labourait son champ, Dionisio Pulido, eut soudain un drôle de sensation. Il se passait quelque chose de pas normal au milieu de son champ. Il lui fallut un peu de temps pour se rendre compte qu'une petite butte s'était formée là, sans crier gare. Mais, de jour en jour, la butte enflait, enflait, au point de former, neuf mois plus tard, une montagne de 460 mètres de haut ! L'histoire se propagea rapidement et les vulcanologues alertés redoutèrent le pire... qui finit bien par arriver. Le sommet du cône volcanique explosa violemment projetant des cendres à des kilomètres à la ronde. Une coulée de lave dévala les pentes du monstre pour se diriger vers le pauvre village de San Juan qui heureusement avait été évacué à temps par les autorités. La lave fluide et brûlante submergea toutes les demeures mais seule l'église résista à ses assauts. On parla alors d'un miracle... que l'on peut toujours aller contempler. Les gens du pays continuent encore aujourd'hui à venir fleurir l'église et à vénérer les morts qui ont trouvé là désormais un sanctuaire éternel. |
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Il est possible d'aller voir ce volcan. En partant de la ville d'Uruapan (Michoacán), s'arrêter à Angahuan. On aura déjà aperçu sa forme massive et noire par les fenêtres du bus. A peine sorti du véhicule, vous serez attendus par une foule de paysans qui vous proposeront leurs services. Pour quelques billets, ils vous loueront un cheval et vous guideront. Il faut deux heures pour atteindre le volcan à travers un paysage étrange, comme lunaire, car encore essentiellement composé des cendres noires et des blocs de roches basaltiques provenant de l'éruption. Mais, avec le temps, la nature végétale reprend lentement ses droits. Il n'est pas conseillé d'escalader le volcan mais il faut le tenter. L'ascension est pénible car la pente est raide et faite de cendres pulvérulentes. C'est pire que de marcher sur du sable. Pour deux pas que l'on fait on recule d'un. On ressent rapidement aussi le manque d'oxygène car nous sommes en altitude, à près de 3000 mètres. Le plus dangereux, ce sont les fumerolles à l'odeur écœurante qui s'échappent par endroits du sol : elles sont imprévisibles. On risque à chaque instant d'en essuyer une qui vous fait tomber dans les pommes et, pour peu que l'on soit seul (le guide ne vient pas avec vous), on peut y rester. Mais qu'elle joie au bout de vingt bonnes minutes d'arriver en haut : l'exploit !
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Au sommet du volcan Paricutín...
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Arrivé au sommet, vous serez accueillis par des corbeaux énormes et belliqueux qui n'aiment pas être dérangés. Ils n'hésiteront pas à frôler votre tête de leurs ailes. Leurs croassements sont la seule chose qu'on entend. Il y a aussi, sur le point le plus haut, une grande croix blanche couverte de graffitis qui défie le monstre. Il y est inscrit la date du triste événement de l'explosion. Le monstre n'est pas encore mort. Le fond du cratère est encore fumant et l'on y voit parfois de petites bêtes qui s'y affairent... La vue panoramique est époustouflante. On aperçoit des villages lovés aux pieds de montagnes qui s'étendent à perte de vue. On différencie ces monts aux sommets pointus des volcans qui, eux, sont arrondis. On remarque alors que nous sommes au milieu d'une véritable pouponnière. Ici, tous les millénaires, la terre a fait naître un tel montre. Au loin, on distingue la forme caractéristique du volcan de Colima, à 80 kilomètres ! La descente est rapide. Sur la photo, on repère le chemin à prendre. Mais il faut être prudent. En dévalant la pente raide, on se laisse griser par la vitesse et on a tôt fait de tomber et de se rompre le cou. |
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« L'éruption du volcan Paricutín » - Photographie de 1943
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Au retour, on passe près de l'église de San Juan, mais on ne peut y accéder qu'à pied car le chemin chaotique est impraticable pour un cheval. On se frotte les yeux et je vous garantis que l'endroit est réellement surréaliste. La lave a pénétré dans l'édifice... Les enfants d'Anguhuan viennent y jouer sans se soucier des touristes. Même si l'église tombe en ruine, on vient toujours y prier, car on abandonne pas une église. Autour, on verra que la nature reprend tranquillement ses droits. Et, si on aperçoit parfois une petite chose noire virevolter frénétiquement autour des petits arbustes, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un effet de la fatigue, il s'agit sûrement d'un petit colibri qui cherche sa nourriture. Même s'ils sont très nombreux par ici, il est difficile de les apercevoir tellement leur vol et leurs mouvements sont rapides. Si la nuit approche déjà, le guide vous demandera, si ça ne vous dérange pas, de rentrer au village au galop... |
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« Le volcan Paricutín » - Peinture du Docteur Atl
Pour en savoir plus sur : Les paysages du Mexique : « Le Lac de Patzcuaro »
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