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Le Volcan Paricutín (Michoacán)
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Le volcan Paricutín - versant ouest |
"Le Paricutín est le plus beau spectacle du monde.
Aussi beau que le Vésuve, à mon avis.
Supérieur même, pendant ses phases d'activité
plus violentes"
Article du National Geographic - 1944

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Le Mexique est un pays dangereux. Un pays jeune que la nature est en
train de façonner sous nos yeux. Parfois brutalement. Le Mexique
se situe à la conjonction de deux plaques tectoniques. En se rencontrant,
elles ont produit la longue chaîne de montagnes qui s'étend
de l'Alaska jusqu'à la Terre de feu au sud du Chili. Ici, elles
ont formé les deux grandes "Sierra Madre" et le grand plateau
central qui les sépare. Ce sont les mouvements rapides de l'écorce
terrestre qui provoquent des tremblements de terre quotidiens et donnent
naissance aux nombreux volcans que l'on trouve au Mexique. Ceux-ci font
partie d'un vaste ensemble caractéristique nommé "Ceinture
de feu", qui se prolonge jusqu'au Japon. Les plus connus, car les
plus grands, sont le Popocatépetl (5452m), l'Orizaba (ou Citlaltépetl,
5700m) et l'Ixtacahuatl qui dominent la ville de Mexico. Mais celui qui
a le plus intéressé les vulcanologues de ce siècle
est le célèbre volcan Paricutín ; tout simplement
parce qu'ils ont pu assister à sa naissance !
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Le volcan Paricutín - versant ouest |

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C'était en février 1943, près du village de San
Juan, ou Parangaricutiro selon la dénomination indienne, dans
la province centrale du Michoacán qui est une zone très
montagneuse. Un matin, un modeste paysan qui labourait son champ, Dionisio
Pulido, eut soudain un drôle de sensation. Il se passait quelque
chose de pas normal au milieu de son champ. Il lui fallut un peu de temps
pour se rendre compte qu'une petite butte s'était formée
là, sans crier gare. Mais, de jour en jour, la butte enflait,
enflait, au point de former, neuf mois plus tard, une montagne de 460
mètres de haut ! L'histoire se propagea rapidement et les vulcanologues
alertés redoutèrent le pire... qui finit bien par arriver.
Le sommet du cône volcanique explosa violemment projetant des cendres à
des kilomètres à la ronde. Une coulée de lave dévala
les pentes du monstre pour se diriger vers le pauvre village de San Juan
qui heureusement avait été évacué à
temps par les autorités. La lave fluide et brûlante submergea
toutes les demeures mais seule l'église résista à
ses assauts. On parla alors d'un miracle... que l'on peut toujours aller
contempler. Les gens du pays continuent encore aujourd'hui à venir
fleurir l'église et à vénérer les morts qui
ont trouvé là désormais un sanctuaire éternel.
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L'église ensevelie de San Juan Parangaricutiro |

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Il est possible d'aller voir ce volcan. En partant de la ville d'Uruapan
(Michoacán), s'arrêter à Angahuan. On aura déjà
aperçu sa forme massive et noire par les fenêtres du bus.
A peine sorti du véhicule, vous serez attendus par une foule de
paysans qui vous proposeront leurs services. Pour quelques billets, ils
vous loueront un cheval et vous guideront. Il faut deux heures pour atteindre
le volcan à travers un paysage étrange, comme lunaire,
car encore essentiellement composé des cendres noires et des blocs
de roches basaltiques provenant de l'éruption. Mais, avec le temps,
la nature végétale reprend lentement ses droits. Il n'est
pas conseillé d'escalader le volcan mais il faut le tenter. L'ascension
est pénible car la pente est raide et faite de cendres pulvérulentes.
C'est pire que de marcher sur du sable. Pour deux pas que l'on fait on
recule d'un. On ressent rapidement aussi le manque d'oxygène car
nous sommes en altitude, à près de 3000 mètres.
Le plus dangereux, ce sont les fumerolles à l'odeur écurante
qui s'échappent par endroits du sol : elles sont imprévisibles.
On risque à chaque instant d'en essuyer une qui vous fait tomber
dans les pommes et, pour peu que l'on soit seul (le guide ne vient pas
avec vous), on peut y rester. Mais qu'elle joie au bout de vingt bonnes
minutes d'arriver en haut : l'exploit !
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Au sommet du volcan Paricutín...

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Arrivé au sommet, vous serez accueillis par des corbeaux énormes
et belliqueux qui n'aiment pas être dérangés. Ils
n'hésiteront pas à frôler votre tête de leurs
ailes. Leurs croassements sont la seule chose qu'on entend. Il y a aussi,
sur le point le plus haut, une grande croix blanche couverte de graffitis
qui défie le monstre. Il y est inscrit la date du triste événement
de l'explosion. Le monstre n'est pas encore mort. Le fond du cratère
est encore fumant et l'on y voit parfois de petites bêtes qui s'y
affairent... La vue panoramique est époustouflante. On aperçoit
des villages lovés aux pieds de montagnes qui s'étendent
à perte de vue. On différencie ces monts aux sommets pointus
des volcans qui, eux, sont arrondis. On remarque alors que nous sommes
au milieu d'une véritable pouponnière. Ici, tous les millénaires,
la terre a fait naître un tel montre. Au loin, on distingue la
forme caractéristique du volcan de Colima, à 80 kilomètres
! La descente est rapide. Sur la photo, on repère le chemin à
prendre. Mais il faut être prudent. En dévalant la pente
raide, on se laisse griser par la vitesse et on a tôt fait de tomber
et de se rompre le cou.
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"L'éruption du volcan Paricutín" -
Photographie de 1943

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Au retour, on passe près de l'église de San Juan, mais
on ne peut y accéder qu'à pied car le chemin chaotique
est impraticable pour un cheval. On se frotte les yeux et je vous garantis
que l'endroit est réellement surréaliste. La lave a pénétré
dans l'édifice... Les enfants d'Anguhuan viennent y jouer sans
se soucier des touristes. Même si l'église tombe en ruine,
on vient toujours y prier, car on abandonne pas une église. Autour,
on verra que la nature reprend tranquillement ses droits. Et, si on aperçoit
parfois une petite chose noire virevolter frénétiquement
autour des petits arbustes, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas
un effet de la fatigue, il s'agit sûrement d'un petit colibri qui
cherche sa nourriture. Même s'ils sont très nombreux par
ici, il est difficile de les apercevoir tellement leur vol et leurs mouvements
sont rapides. Si la nuit approche déjà, le guide vous demandera,
si ça ne vous dérange pas, de rentrer au village au galop...
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"Le volcan Paricutín" - Peinture du Docteur
Atl

Pour en savoir plus sur :
"La Géographie du Mexique"
Les paysages du Mexique :
"Le Lac de Patzcuaro"
"Le Lac de Chapala"
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