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LE MEXIQUE

 

Le drapeau du Mexique

" Mexique. Pays de poussières, pays de mes rêves..."

 

Le Mexique, c'est le pays des contrastes par excellence. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le pays est immense, 4 fois la France. Dans sa plus grande longueur, il s'étale sur 5000 km. Lorsque l'on voyage, on ne parle pas des distances en kilomètres mais en heures : il faut 50 heures pour relier Tijuana à Cancún et on traverse trois fuseaux horaires ! Et pourtant le Mexique n'apparaît pas bien grand face à son voisin américain. Mais son histoire est plus ancienne. Les Mexicains aiment bien plaisanter sur leur compte et sur leur pays que l'on perçoit encore comme un vaste territoire vierge. Ils racontent l'histoire de Dieu, qui, lorsqu'il créa le monde, réserva le meilleur pour leur pays : montagnes, fleuves, lacs, déserts, volcans, plaines... Mais son entourage lui fit remarquer qu'il était dommage de faire un si beau pays sans y mettre d'habitants. Il répondit : "Ne craignez rien, j'y mettrai les Mexicains !". Cela pour dire que cette terre est loin d'être un don du ciel. Ce n'est que récemment que l'homme a pu conquérir l'essentiel d'un territoire immense, traversé de montagnes restées longtemps infranchissables, de forêts denses et étouffantes, de déserts infernaux, de tempêtes destructrices... Mais peu à peu, le pays se modernise et se désenclave : après tout, les Mexicains ont le temps avec eux.

 

Embleme du Mexique

Emblème du Mexique

 

On y trouve tous les types de reliefs et de climats. A Chihuahua, au nord, on passe de 59° celsius le jour à -26° la nuit ! Record historique pour un pays de cette latitude ! Au nord, avant le 15 mai et la saison des pluies, tout est sec et jaune. La Basse-Californie et le désert du Sonora (C'est dans ce désert que furent tournées les extérieurs du film "Dune" de David Lynch, mais c'est aussi ici que les futurs astronautes américains venaient s'entraîner avant de partir explorer la Lune...). Au printemps, comme par miracle, tout redevient vert. La population vit autant au bord de la mer qu'à 3000 m d'altitude. Mexico, où se trouve près du quart des habitants du pays, est à 2500 m. A l'ouest, les ouragans tropicaux sont fréquents. A l'est, ce sont les volcans et les tremblements de terre qui sont quotidiens. Le travail de la terre est difficile et les paysans propriétaires de leurs propres terres sont encore rares. Malgré la taille de son territoire, on ne cultive en superficie que la moitié des terres arables françaises. On y produit surtout du maïs qui sert à préparer les fameuses "tortillas" que consomment quotidiennement tous les Mexicains. La malaria transmise par les moustiques n'a été éradiquée que récemment, ce qui explique que les grandes civilisations du passé n'aient vécu que sur les grands plateaux du centre du pays, et que l'on y trouve aujourd'hui les grandes villes industrielles : Guadalajara, Querétaro, Mexico, Puebla...

Beaucoup de choses nuisent à l'homme mais les Mexicains prennent maintenant conscience de la fabuleuse richesse de leur pays; ils savent dorénavant que leur avenir peut se bâtir ici. Même si l'immigration illégale vers les États-Unis est toujours un fléau pour les deux gouvernements, il faut dire aussi que le Mexique et les USA en retirent chacun des avantages : une main-d'œuvre abondante, docile et mal payée pour les USA et du sang neuf pour son économie; des revenus non négligeables pour le Mexique qui voit souvent revenir leur travailleurs exilés finir leur vie au pays. Il n'empêche que les illégaux, les chicanos et les "wet backs" (des centaines de milliers par an !), demeure une raison de tension entre les deux pays. En ce début d'année 2005, le débat porte d'ailleurs sur la construction d'un mur entre les deux états (plus exactement son extension car des murs existent déjà depuis longtemps dans les endroits "sensibles" de la frontière) . Il est à parier que cette immigration tendra à décroître avec le décollage économique de ce pays que l'on qualifie pudiquement de "nouvellement industrialisé" et qui commence à faire entendre sa voix au sein des instances internationales.

 

 

En 2001, on estime la population du Mexique à 99 millions d'habitants. On estime aussi à plus de 12 millions le nombre de Mexicains vivant aux États-Unis. 40 % de ruraux et 60% de citadins dont 20 millions dans le district de Mexico. Il y a 65% de métis, 20% d'indiens et le reste de blancs, descendants directs des Européens. Pour les Indiens, ont peut dire que la moitié de ces 20%, soit 5 à 6 millions, vivent encore véritablement selon les coutumes anciennes, en communautés et parlant leurs langues. Ce sont les Tarasques du Michoacán, les Mayas du Yucatán, les Zapotèques de Oaxaca, les Tarahumaras du Chihuahua... Dès le début de la Conquête, les Espagnols ont favorisé le métissage. Hernán Cortès lui-même avait montré l'exemple avec la "Malinche", sa maîtresse indienne qu'il finira par épouser. Chacun se respecte et c'est ce mélange qui fait la richesse et l'originalité du Mexique.

 

" Un temps viendra, dans les dernières années du monde,

où l'océan desserrera les liens des choses.

Une terre immense et inconnue se révèlera,

car un navigateur surviendra,

tel celui nommé Tiphis, guide de Jason,

et il découvrira un nouveau monde.

Et Thulé ne sera plus la fin des terres."

Sénèque, Médée (Acte 2, scène III)

 

Christophe Colomb

Christophe Colomb

 

Il faudra attendre quinze siècles pour que ce rêve devienne réalité grâce à la persévérance d'un nommé Christophe Colomb. Mais il restera persuadé d'avoir découvert la partie extrême des Indes. Installés sur les îles des Caraïbes (Saint Domingue, Haïti, Cuba, Les Bahamas...), les Espagnols attendront plus de 20 ans avant de poser le pied sur le sol du Mexique. Un nouveau monde encore mystérieux s'ouvrait à eux. Un monde immense, riche et peuplé, qu'il ne suffisait pas de découvrir. Rapidement, il s'avéra nécessaire de le conquérir. Le Mexique était un morceau de choix pour les Espagnols qui jusque là n'avaient réussit à s'implanter que sur des îles sans grand intérêt. Et quel pays ! Il méritait son nom de "Nouvelle-Espagne".

 

Hernan Cortes

Hernán Cortès

 

" Il règne en ce pays un air de paix et la fertilité y est grande pour toute chose que l'on sème "

Hernán Cortès à l'Empereur Charles Quint

 

C'est Hernán Cortès le véritable découvreur du Mexique. Son arrivée fut annoncée par une comète. Pour les Indiens superstitieux, le présage était mauvais. Cortès accoste en 1519 sur la presqu'île du Yucatán : c'est le territoire des Mayas. Après 20 ans d'attente à longer les côtes de ce pays inconnu, le moment de la conquête était enfin arrivé. Et quelle armée pour cette conquête ! Il débarque avec 553 soldats, 16 chevaux, 13 mousquets et quelques petits canons. Il y a aussi quelques Indiens des îles qui pourrons servir d'interprète. Puis, il met le feu à ses vaisseaux pour les mettre hors d'usage et signifier ainsi à ses hommes qu'il n'y avait plus de retour possible vers l'Europe. Imaginez la scène... Habile et rusé, il est bien décidé à prendre possession de ces terres. Les premiers Indiens rencontrés, peu nombreux, se montrent plutôt agressifs et ils sont donc massacrés. Puis, le nouvelle se répandant dans tout l'empire aztèque, on commence à les considérer comme des Dieux venus rencontrer l'Empereur Moctézuma. Leur apparence ne trompe pas. Et ces étranges animaux qui les accompagnent ne semblent-ils pas venir tout droit de l'enfer ? " Ces cerfs lourdement harnachés de grelots assourdissants, écumant de sueur et qui déchirent le terre sur leur passage ". (Ces animaux, les chevaux, étaient jusque-là inconnus sur le continent). Les Indiens commencèrent à s'inquiéter : Quetzalcoátl était-il revenu pour annoncer la fin du monde ?

 

 

L'Empereur Charles Quint

L'Empereur Charles Quint

 

Pourtant, c'est cette petite troupe qui ressemblait plus à une bande de mercenaires qu'à une armée régulière qui mettra à bas un empire de plusieurs millions d'individus, cela en à peine 3 ans (et avec l'aide de tribus indiennes rebelles aux aztèques). L'empereur Charles Quint avait exigé l'impossible : ce qui fut fait. Il faut dire que le moment était propice pour les Espagnols. Les légendes aztèques prédisaient la destruction prochaine du monde, de leur monde... Une comète, des navires étranges aperçus au large, le retour du Dieu Quetzalcoátl... Il devait se passer quelque chose. Au fond, le débarquement de Cortès ne surpris pas les Indiens. Et lui-même, conscient de cet atout inespéré, put tirer profit de cette situation pour le moins étrange. Moins de deux ans après son débarquement, Cortès est la maître de Tenochtitlán, la capitale aztèque. Son premier geste symbolique sera de consacrer les temples païens (les pyramides) et de faire dire la première messe de la nouvelle ville : Mexico (la scène sera peinte par José Vivar Valderrama). En moins de 10 ans, il réalisa la Conquête et devint le maître du pays rebaptisé fièrement "Nouvelle Espagne". L'empire de Charles Quint s'étendait maintenant de l'Orient à l'Occident, un empire sur lequel "le soleil ne se couchait jamais". Sur une population estimée de 80 millions d'Indiens à l'arrivée des Espagnols, on estime à plus de 70% la proportion de la population qui fut décimée par la guerre, la maladie, l'alcool et le travail forcé. Un génocide sans précédent qui hante encore et pour toujours les esprits.

 

 

"Tant de villes rasées, tant de nations exterminées,

tant de millions de peuples passez au fil de l'espée,

et la plus riche et belle partie du monde

bouleversée pour la négotiation des perles et du poivre !

Mechaniques victoires.

Qui mit jamais à tel pris le service de la mercadence et de la trafique ?"

Montaigne

 

La consīcration des temples payens de Mexico par Jose Vivar Valderrama

"La consécration des temples païens de Mexico"

José Vivar Valderrama, milieu du XVIIIème siècle

 

Dès l'époque de la Conquête, des esprits éclairés tel Montaigne dénoncèrent la cruauté et la cupidité des Espagnols. On pense à Bartolomé de Las casas qui évitera l'extermination totale des Indiens que l'on hésita longtemps à considérer comme de véritables hommes. Pourtant, en Amérique du nord on commettra plus tard les mêmes erreurs. De Tenochtitlán, qui est devenue Mexico, il ne reste rien. Ce n'est que depuis peu, et notamment avec la construction du métro, que l'on commence à rechercher et restaurer les vestiges qui se trouve sous la nouvelle ville. Le temps est passé par là et le pays commence à peine à assimiler son prestigieux et chaotique passé, en entier. Même si la République actuelle a beaucoup de progrès à faire elle semble enfin accepter le multipartisme. Le P.R.I, parti au pouvoir depuis plus de 60 ans, perd du terrain et a déjà cédé la ville de Mexico en 1997 à l'opposition (Cuauhtémoc Cardenas du P.R.D.). Le pays regarde droit vers le futur. Les autorités ont enfin défini une politique pour préserver les traditions des peuples qui ne demandent qu'à être considérés comme de véritables citoyens. Aujourd'hui encore, on parle plus de 50 langues dans le pays et les Indiens commencent à trouver enfin leur place dans l'économie, grâce au tourisme, mais aussi à la lutte des zapatistes du Chiapas :  la marche pacifique du Sous-Commandant Marcos sur Mexico en mars 2001 fut un triomphe ; le gouvernement semble près à reconnaître leurs droits légitimes. sans oublier leurs origines et leurs traditions... Mais n'est-ce pas le rôle d'un gouvernement que d'assurer la cohésion de la nation ?

 

Bartolome de Las Casas

Bartolomé de Las Casas

 

Découvert en 1519, le Mexique est un pays jeune. Par son histoire d'abord. Le pays n'accéda à l'indépendance que le 21 août 1821 après une révolte contre l'autorité des Espagnols qui détenaient l'essentiel du pouvoir politique et économique depuis 300 ans. Le 21 août 1821: exactement trois siècles après la chute de Tenochtitlán. En 1810, sous la bannière de la "Vierge de Guadalupe", Miguel Hidalgo et Ignacio Allende, "Les serviteurs de la Nation", tenteront un premier coup d'état mal préparé, ils furent rapidement arrêtés et fusillés. En 1824, la République accouche enfin dans la douleur et le pays acquiert enfin son indépendance face à la vieille Europe. On s'accorde sur un programme en trois points : "Religion, indépendance et union". Mais tous veulent le pouvoir : coups d'états, révoltes, assassinats, guerres, occupations... En 1848, les États-Unis annexent le Nouveau-Mexique et la Californie, amputant ainsi e ainsi le pays de la moitié de son territoire... "Ce qu'ils avaient d'abord acheté sous la contrainte, ils le prirent alors par la force" (La Floride avait déjà été racheté par les États-Unis en 1819). On se souvient de Fort Alamo, mis ce fut là une des rares victoires de l'armée mexicaine. Comme on le voit, le pays aura tout subi. Et il gardera la réputation d'une nation aux mœurs violentes, surtout lorsqu'il s'agit de politique.

 

" Pauvre Mexique. Si loin de Dieu et si proche des Etats-Unis."

Porfirio Díaz

 

En 1864, c'est un empereur à la solde des Français, Maximilien d'Autriche, qui monte sur le trône. Les espoirs mis en lui par les Européens seront vite compromis. Les Mexicains ne supportent plus ces intrusions dans leur destinée. Abandonné par les Français, il finira lui aussi fusillé trois ans plus tard. La fin du siècle est marquée par la dictature interminable de Porfirio Díaz. En 1911, la révolte reprend avec Zapata. Les revendications du peuple sont toujours les mêmes : le partage des terres et la démocratie. Au bout de six ans de guérilla, une nouvelle constitution est approuvée. Mais Zapata l'aura payée de sa vie. Le président Carranza fait entrer le Mexique dans la modernité même si seulement 1/100 des terres aura finalement été redistribué. Le pouvoir est désormais entre les mains de la bourgeoisie libérale et du P.R.I., Parti Révolutionnaire Institutionnel (drôle de nom pour un parti politique !), et qui cristallisera cet état de fait en dirigeant le pays d'une main de fer pendant 70 ans, n'hésitant pas à faire assassiner ses adversaires politiques devenus trop populaires, comme pour les élections présidentielles de 1994. Et pour finir, la calamiteuse présidence de Carlos Salinas de Cortari, summum de la corruption d'état, sa fuite et son exil à Dublin... Le nouveau président, en 1994, Ernesto Zedillo Ponce de León, sera obligé sous l'œil des instances internationales d'administrer un remède de cheval à un pays au bord du gouffre : dévaluations, privatisations, faillites... Mais cela n'a pas suffit. Aujourd'hui, Le P.R.I. est bien obligé de partager le pouvoir. Les scandales et les pressions internationales ont eu raison de cette politique sans alternance. Le P.R.I. avait déjà cédé la Mairie de Mexico à l'opposition mais maintenant c'est la présidence de la République avec le succès de Vincente Fox Quesada du P.A.N. (ancien patron de Coca-Cola Mexique) c'est un immense espoir qui traverse le Mexique mais l'essentiel reste à faire dans un pays où il est d'usage d'avoir le portrait du président accroché dans son salon (et côtoyant la photo du Pape).

 

Elections de Juillet 2000

"L'enterrement du P.R.I." - Juillet 2000

 

"Depuis 1810 et sa sécession avec l'Espagne, le Mexique a connu une douzaine de belles Constitutions et plus encore de Déclarations d'Indépendance et de Réformes. Un  bon nombre des ces constitutions furent qualifiés de libérales, les autres de radicales, d'autres encore de centralisatrices. Chacune se présentait comme un miracle de perfection théorique; chacune est née et morte dans un bain de sang..."

Sybille Bedford

 

Miguel Hidalgo et son célèbre " ! Que vivá Mexico ! "... fusillé. Iturbe... fusillé. Pancho Villa... assassiné. L'empereur Maximilien... fusillé. Emiliano Zapata ... assassiné. Bartolomé de Las casas, le "Père des indiens", déchu. Carranza, le père de la Constitution mexicaine,... assassiné. Huerta, Madero ... fusillé. Benito Juárez, le président métis,... Le pays ne trouvera la paix civile et politique qu'à partir de 1929 et la célèbre Révolution de Printemps de Calles. Comme le dit Carlos Fuentes : "Il n'y a pas eu un seul héros qui ait réussi, au Mexique. Pour être des héros, ils ont dû périr". Tous ces héros, toutes ces figures qui ont façonnée la Nation sont encore adulées et respectées. Je vous conseille d'aller au Mexique pour le 16 septembre, c'est la date de la Fête nationale et dans tout le pays la foule descend dans les rues pour la célébrer. C'est le plus beau jour de l'année. Après cinq siècles de cohabitation les indiens ne sont plus tout à fait des Indiens et les Espagnols n'ont plus beaucoup d'attaches avec leur mère patrie. Le Mexicain type est un créole. Et pour la Fête nationale, toutes les communautés se mélangent pour célébrer cette "mexicanité" qui peut enfin s'affirmer...

 

 

Les Heros du Mexique - Fresque de Diego Rivera

"Les Héros du Mexique" - Fresque de Diego Rivera

(Palais Présidentiel - Mexico)

 

Il y a peu de temps encore, les Mexicains aimaient dire de leur pays ressemblait à une URSS où les dissidents seraient la majorité... Il faut savoir que les syndicats ouvriers sont souvent dirigés par des hommes appartenant à la hiérarchie du P.R.I. Les choses évoluent peu à peu mais la révolte gronde toujours comme au Chiapas où la mainmise du gouvernement central ne semble plus être acceptée. La situation reste toujours tendue même si les revendications des rebelles zapatistes semblent être devenues acceptables pour le nouveau gouvernement de Vicente Fox. Mais il faut savoir aussi que Mexico a été et reste toujours une ville providentielle pour les exilés et les dissidents de tous bords. On se souvient de Léon Trotsky bien sûr (lui aussi finira assassiné), mais on n'a guère parlé du Shah d'Iran, qui trouva ici une capitale tolérante et agréable à l'époque où le Moyen Orient basculait dans l'Islamisme. Disons aussi que c'est à cette époque que le reste de l'Amérique Latine s'organise pour liquider les derniers opposants aux régimes totalitaires qui s'étaient mis en place un peu partout : Uruguay 72, Chili 73, Argentine 76, Colombie 78...

 

Et il ne faut pas croire ces préjugés qui nous cachent la vérité. On imagine souvent le Mexicain, somnolant pendant toute la journée, n'ayant rien d'autre à faire. C'est faux. Envieux de leurs voisins américains, ils rêvent d'atteindre leur niveau vie. Ce qui, par endroit, est déjà une réalité. Même si le Mexicain est le premier à reconnaître les difficultés de son pays, il vaut mieux éviter d'en parler : " Vous n'êtes pas de la famille..." , mais il reste toujours fier de son pays, de son histoire, de l'avenir toujours prometteur qui s'annonce : " Ya, México si ! ". Le pays est une véritable ruche où tous le monde cherche à gagner de l'argent. La manne du pétrole et du tourisme a enrichi rapidement le pays et beaucoup de ses voisins le regardent maintenant avec envie. Les chômeurs, les enfants, les vieux, chacun se débrouille pour vendre quelque chose dans la rue ou sur les marchés. On s'entraide, on crée un petit commerce, on émigre, on place son argent aux États-Unis. pour le préserver de l'inflation. Et ça marche ! Il était un temps où les Mexicains, avec leur humour noir si coutumier, n'hésitaient pas à dire :

 

"Le travail se meurt. Fort heureusement, les Mexicains aussi !"

 

Vicente Fox Quesada - Le nouveau prīsident mexicain

Vicente Fox Quesada

Le nouveau Président mexicain

 

Ce temps semble bien être passé. Malgré sa dette colossale, le Mexique est un pays riche qui compte désormais sur la scène internationale. Les banquiers ne s'y trompent pas. Les Américains non plus qui ont su créer l'ALENA en 1994, une sorte de marché unique à l'échelle du continent. Le Mexique perd peu à peu son complexe d'infériorité face à son puissant voisin. D'ailleurs, la politique économique libérale menée jusque-là par le parti conservateur du président Zedillo a été unanimement reconnue par les instances internationales. Les élections qui viennent de se dérouler au mois de juillet 2000 ont donné la victoire au candidat de la droite libérale du P.A.N. (Parti d'Action Nationale). Vicente Fox Quesada a-t-il vraiment tiré parti de la dynamique que son élection a créé au sein du peuple (et notamment au Chiapas ou les élections ont fait, la aussi, basculer le pouvoir et qui connaît toujours en 2005 des tensions), répondant aux attentes des autres nations ?

 

"Le Mexique ne s'explique pas ; on croit dans le Mexique, avec fureur, avec passion, avec découragement"

Carlos Fuentes

Pour en savoir plus :

Les premiers Mexicains
La conquête du Mexique par les Européens

Pour connaître en détail la chronologie de l'histoire du Mexique :

www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_Mexique.asp

 

Pour en savoir plus sur la situation économique du Mexique en 2003,
lire l'article de Matthieu Bony :

Mexique, pays du “1er Monde”