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Plein Est, on aperçoit le zócalo, la place centrale de la ville : depuis 650 ans, c'est le cœur de la ville et du pays. On peut voir le Palais National, au centre, qui s'étire sur plus de 200 mètres. Tous les soirs à 6 heure, la Garde Nationale vient y parader et honorer le drapeau national. A côté, la cathédrale « Metropolitana », le cœur religieux de la ville, la plus grande cathédrale de toute l'Amérique latine. Construite à partir de 1573 à partir des plans de Claudio de Arciniega, elle ne fut définitivement achevée qu'en 1813 avec l'édification du dôme par l'architecte Manuel Tolsá. Sa masse imposante a essuyée tous les séismes sans broncher mais aujourd'hui elle est en sauvetage perpétuelle. La petite et jolie église qui lui est accolée sur sa droite, la « Sagriario » (le tabernacle) est plus récente (1749-1768) mais elle penche plus dangereusement encore sur ses fondations (comme on peut le voir sur la photo). Il faut dire que la cathédrale jouxte un grand temple aztèque, le « Templo Mayor » de l'ancienne Tenochtitlán, récemment mis à jour ( En fait, par une coïncidence extraordinaire, c'est par un arrière petit-fils du dernier empereur Cuauhtémoc que ce temple fut découvert en 1978). La place du « Templo Mayor » est devenu un lieu de marché pour les artisans indiens. La ville voit là resurgir de terre son passé. Désormais cohabitent les deux plus grands centres religieux de l'histoire du Mexique, résumant et confirmant ainsi les paradoxes de ce pays : les deux temples sont fait de la même pierre, mais c'est avec le premier qu'on a construit le deuxième... |
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La cathédrale au XVIIIème siècle ![]() |
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Au pied de la tour, le Palais des Beaux-Arts construit à partir de 1904 par l'italien Adamo Boari, est à voir absolument. Le curieux et réussi mélange de style qu'il concentre (extérieur Art Nouveau / intérieur Art Déco) s'explique par le fait que sa construction avait dû s'interrompre durant la Révolution de 1910 et qu'il ne fût achevé qu'en 1934 par Federico Mariscal. De par son architecture et par les œuvres qui y sont présentées, c'est un régal pour les yeux : des fresques de Diego Rivera, d'Orozco, des tableaux de Rufino Tamayo... Le dimanche, il ne faut pas manquer les représentations du Ballet Folklorique du Mexique qui mettent en valeur les décoration de la salle de spectacle. Comme pour toutes les construction un peu anciennes, le bâtiment s'enfonce peu à peu dans le sol marécageux et c'est un escalier descendant qu'il faut emprunter pour y pénétrer : 10 ans après sa construction, il s'était déjà enfoncé de près de 1,80 m dans le sol ! A l'est, au loin, le lac de Texcoco n'est plus qu'une mare polluée rongée par les polders de l'aéroport. C'est peut-être la seule ville du monde qui n'est pas traversé par un fleuve, une rivière ou le moindre cours d'eau. La ville a tout recouvert. Et dire qu'au XVIIIème, on l'appelait « la Venise de l'Amérique » car il fallait emprunter une barque se rendre dans la ville qui était encore entouré du lac de Texcoco et que des canaux permettaient de la traversait comme à Venise ! Aujourd'hui, la ville est un océan de béton où les cours d'eau sont devenus des noms de rues. Octavio Paz dira même que le Paseo de la Reforma est le dernier fleuve,« symbolique », de la ville. |
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Si vous souhaitez contempler la ville des hauteurs, il y a un endroit
à ne pas manquer, près du parc Alameda. Pour 20 pesos, on peut accéder
au sommet de la tour «
Latino-américaine », qui est l' « Empire State Building
» de la ville. Un bâtiment remarquable. Une plaque en cuivre près
de l'ascenseur célèbre la qualité des ingénieurs qui ont fait là une
tour qui a essuyé sans broncher le tremblement de terre de 1957. Une
plaque identique fut rajoutée à côté en 1985, avec les mêmes remerciements...
Un quotidien titrait alors : « Nous vivons dans une ville qui ressemble
à un champ de mines dans lequel chaque pas est dangereux, chaque jour,
chaque aurore marquée par le danger ». Pourtant, Mexico tient toujours.
Le dernier tremblement de terre du 20 juillet 2000 n'aura fait que peu
de dégât... Des buildings de plus en plus hauts continuent de sortir
de terre... Du haut de la tour « Latino-américaine », au 42
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Le Palais des Beaux-Arts
Les Tours de Barragán et Goeritz
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Mexico... Même si le vent évacue parfois le voile de pollution, on ne peut jamais voir que Mexico s'étend au-delà de l'horizon. Il est bien loin le temps où Alfonso Reyes pouvait dire « Arrête-toi, voyageur, tu as atteint la région la plus limpide de l'air ». Les « Chilangos », les habitants de la capitale qui vivent là, « Buscando la vida », racontent que la ville est si étendue qu'il peut pleuvoir sur un quartier tandis qu'il fait un soleil rayonnant dans un autre. Chaque jour, Mexico génère 16000 tonnes de déchets qui sont entreposés dans le nord de la ville et qu'une armée de pauvres s'empresse d'inspecter pour en tirer leurs seuls moyens de subsistance : et une nouvelle ville s'est bâtie sur la décharge... Là, à Chalco, un dicton dit : « Si tiene dignitad, no tire basura », ("Si tu as de la dignité, ne jette pas tes ordures...") Et que dire du crime (5 morts violentes par jour), des enlèvements de plus en plus fréquents de gens plus ou moins riches. Le corruption généralisée, dans la rue avec l'agent de la circulation (à qui l'on paie le bakchich,« la mordida », en cas de problème) mais aussi dans les plus hautes sphères du pouvoir politique... On ne manque pas d'être impressionné et on hésite entre l'admiration et le dégoût. Et pourtant : « Si quelqu'un vous dit du mal du Mexico, c'est sûrement un "extranjero" qui n'a pas eu assez de temps pour en tomber amoureux ». Tel est le Mexico, tel est Mexique : |
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« Il n'existe pas sur notre continent, ni peut-être sur notre planète, Pablo Néruda |
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On peut considérer que c'est Hernán Cortès qui a fondé Mexico, sur les ruines de l'ancienne capitale aztèque. Il fallait faire table rase du passé et construire une nouvelle capitale à la « Nouvelle-Espagne ». Malgré ses maigres troupes, il met à bas l'empire aztèque en moins de deux ans. Terrible histoire. Habile et rusé, il se ménagea des alliances avec les chefs indiens soumis par les aztèques de la région de Mexico, comme celle de Tlaxcala, qui ne supportaient plus les exactions de leurs maîtres. Trop de sacrifiés, trop d'humiliations... Ils réclamaient vengeance ; ce qui fut fait. Aidé de 400000 alliés Indiens et après trois mois de siège éprouvant, Tenochtitlán tombe le 13 août 1521. C'est la débandade chez les aztèques. La ville a été bombardée, en partie brûlée... La défaite du dernier empereur aztèque Cuauhtémoc marque la fin d'une époque et d'un monde. Tenochtitlán fut rasée et rebaptisée Mexico : |
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« Ce ne fut ni triomphe ni défaite, Texte figurant sur fronton de la Place des Trois-Cultures - Mexico
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La Place des Trois Cultures est le résumé frappant de l'héritage de la nation mexicaine : un temple aztèque restauré, une triste église baroque et un ensemble H.L.M. ultra moderne... Le Mexique et Mexico est le mélange des ses trois cultures : indienne, européenne et nord-américaine. Ce qui paraît avoir été un handicap pendant des siècles, cette tension permanente entre ses diverses origines, « cette tragédie permanente », peut être une force pour l'avenir. Il faut aller à Mexico, quoi qu'on en dise, car là on rencontrera tout ce qui fait le charme et la richesse du Mexique. Et on n'oubliera de penser à Tenochtitlán, dont les vestiges parsèment les artères de la capitale. Aujourd'hui, on commence à peine à mettre en valeur les vestiges, parfois énorme, de l'ancienne Tenochtitlán, comme le « Templo Mayor », sur le Zócalo. Mais les urbanistes ne se font pas d'illusions : la ville est condamnée : que ce soit un tremblement de terre, le manque d'eau, la pollution, tout concours à ce que la ville s'effondre sous son propre poids démographique. Comme le dit l'architecte Eduardo Terrazas :« L'histoire s'est interrompue. On s'est entassé dans Tenochtitlán pour des raisons divines ; il n'y a aucune raison pour que cela se poursuive à Mexico. La ville a grandi par le jeu de forces économiques qui ne fonctionnent plus. » |
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Plus d'infos : « Les Taxis du Mexique »
Découvrir Mexico, filmé par Alejandro González Iñárritu : Accédez au site web de la ville de Mexico :
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