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Lila Downs
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"Regard d'obsidienne, longs cheveux de jais,
Lila Downs fait entrer le public dans un monde de magie et de mystère,
par le pouvoir de sa voix et de sa présence chamanique."
François-Xavier Gomez - Libération
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Après un passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre 2001 puis depuis plusieurs tournée en France qu'elle apprécie particulièrement, Lila Downs revient pour la promotion de son dernier album justement enregistré à Paris : “ Lila Downs y La Misteriosa en Paris ” Live à FIP. Après un passage à vide qui l'a profondément marquée, elle nous revient plus émouvante que jamais. A écouter de toute urgence !!
Descendante des Indiens Mixteca, par sa mère, elle est Américaine par son père. Née près des montagnes du Oaxaca (Sud du Mexique), elle a étudié l'anthropologie et la musique à l'Université du Minnesota (USA ) et celle de Oaxaca : on peut dire qu'elle résume a elle seule toutes les ambiguïtés des relations en les deux pays : en les sublimant... Elle avoue elle-même que c'est grâce à la musique et la chanson qu'elle a pu réconcilier ce double héritage. Ce nouvel album n'est pas anodin. "La linea", c'est la frontière, aussi bien physique pour les immigrants que spirituelle pour les personnes qui se haïssent ou s'ignorent : "La frontière est le fil conducteur du disque. C'est l'endroit ou se retrouvent les êtres les plus vulnérables, les ouvrières, les candidats à l'émigration clandestine; mais c'est aussi le lieu où un monde nouveau est en train de naître."
"Le monde moderne est un monde d'immigrants (...) Lila Downs chante l'expérience de ces immigrants sans manière ni intellectualisme. Elle chante l'amour, de ces choses éthérées qui non pas de frontières précises mais que tous le monde, riche ou pauvre, immigrant ou non peut sentir. Ces chansons parlent de leur histoire, de voter histoire de mon histoire. Ecoutez et souvenez-vous..." (Betto Arcos)
On pourra être surpris de la voir et de reconnaître en elle, instantanément, Frida Kahlo, une autre grande figure de la culture mexicaine. Coïncidence ou coup marketing des producteurs surfant sur la vague Latino ? (on pense aussi à Lhassa qui avait marqué les esprits pour ses mélodies envoûtantes il y a 3 ans). Je vous laisse juge... La facture classique des compositions se révèle plus subtile au fil des écoutes et la voix de Lila vous séduira lentement mais sûrement : pas besoin de gros effets pour partager l'âme du Mexique. On prendra aussi attention au fait qu'elle n'a pas hésité à faire des chansons très engagées comme "Smoke" dans cet album prenant ainsi parti pour le mouvement des Indiens du Chiapas : "Je me méfie des engagements trop marqués. Au Mexique, s'approcher de la politique signifie qu'on espère en tirer avantage. Je me contente d'utiliser l'art pour toucher les gens." C'est chose faite...

"Petite fille,
quand je serai morte,
ne pleure pas sur ma tombe,
joue pour moi des chansons gaies,
comme la vie..."
La Martinbiana
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Lila Downs : Border - La Linea
2001 Narada Productions, le premier album...
"No vayas muy lejos y mirate al espejo, porque cuando miras no te
va a gustar.
Tu cara es morena y quieres ser guera y bien que te comes tu taco y memela."
"Ne vas pas trop loin lorsque tu te regardes dans le miroir
parce que ce qui tu y verras ne te plaira pas.
Ton visage est noir et tu voudrais qu'il soit blanc
mais tu sais que tu aimeras toujours les tacos et les tortillas."
"Sale Sobrando" - "Good for Nothin'"
Ecoutez des extraits :
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Par FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ
World . Engagée
dans les luttes indigènes, la diva mexicaine est ce soir en concert à Paris.
Lila Downs en concert à 20 heures à la
Cigale, 120 bd Rochechouart, 75018. Le 31 mai à Genève
(Suisse).
CD : En Paris, live à Fip (World
Village/Harmonia Mundi).
Quelques jours avant d'entamer sa tournée européenne, Lila Downs est retournée à Oaxaca, l'Etat du Mexique d'où elle est originaire, pour un concert solidaire comme elle en donne régulièrement. Il s'agissait là de clôturer une campagne de dons pour offrir des bourses aux adolescentes indigènes. Un thème qui tient à cœur à Lila, dont la famille maternelle est mixtèque. L'objectif de réunir 800 000 pesos (50 000 euros) atteint, restait à faire la fête pour remercier les donateurs, avant de traverser l'Atlantique. Il y a quelques jours, c'est à Metz que Lila Downs et ses musiciens faisaient escale, après avoir visité Turquie et Hongrie. Dans la belle salle de l'Arsenal, la chanteuse a passé en revue dix ans de répertoire, comme sur son dernier CD, enregistré l'an passé à Paris.
Indépendance. La Lila Downs hiératique des premiers concerts est loin, aujourd'hui elle danse, plaisante, passe avec bonheur de l'émotion nue aux atmosphères de fête. Et réalise tout ce que sa voix de mezzo-soprano aux multiples octaves lui permet. Des aigus surnaturels par exemple, tour de force technique certes, mais ancrés dans une tradition : les communautés indiennes raffolent du suraigu (souvenons-nous d'Yma Sumac…)
Il y a dix ans, Lila Downs et son mari et directeur musical, Paul Cohen, donnaient leur premier concert en France, «l'un des tout premiers hors du Mexique», dit la chanteuse. C'était au Divan du Monde, à Pigalle ; elle arrivait avec son premier CD autoproduit sous le bras : la Sandunga. Le couple garde un souvenir ému de ces débuts parisiens. «La Cigale était à deux pas, et s'y produisait une chanteuse dont n'avions jamais entendu parler : Lhasa.» De nombreux points communs unissent Lhasa et Lila : leurs origines américano-mexicaines et l'influence des maîtresses voix de la chanson mexicaine, Chavela Vargas en tête. «La perte de Lhasa nous a brisé le cœur», dit la chanteuse.
Le CD Live à Fip marque une étape professionnelle : après cinq albums pour la multinationale EMI, Lila Downs a pris le chemin de l'indépendance. «Nous sommes ravis d'avoir retrouvé notre liberté, commente Paul, le mari. Avant, pour donner un titre à une compilation bénéfique, il fallait demander l'autorisation à EMI, ce qui nous prenait du temps et de l'énergie ; aujourd'hui, nous décidons seuls. Un label français nous accompagne : Harmonia Mundi nous distribue dans toute l'Europe et l'Amérique du Nord.»
Le couple partage désormais sa vie entre le Mexique et New York, avec de fréquents voyages à Oaxaca, Etat fortement marqué par les luttes sociales. En 2006, après les soupçons de fraude dans l'élection présidentielle qui a porté au pouvoir le candidat de droite Felipe Calderón, la région a été quasiment paralysée, des mois durant, par une campagne de désobéissance civile. «ça n'a débouché sur rien de concret,déplore Lila,les gens en ont gardé un sentiment d'échec terrible, l'impression de s'être battus pour rien. Mais il y a une élection importante en juillet, l'occasion de chasser un gouverneur détesté.»
Recette. Pour les mois qui viennent, Lila Downs a inscrit un moment fort sur son agenda de concerts : «Nous allons faire notre première visite en Bolivie, et voir par nous-mêmes comment s'organise l'autonomie indigène, une expérience qui me passionne. Je vais apprendre une chanson en langue aymara pour l'occasion.» A Metz, Lila Downs a presque fait danser la salle (toutes les places sont assises) avec la Cumbia del Mole, un des tubes de son répertoire. Sur un rythme colombien, elle y donne la recette du mole, cette sauce douce-amère qui mêle cacao, piment, cacahuètes et cannelle, et dont la confection selon les règles de l'art prend deux jours. Un peu comme elle mélange discours engagé et séduction, audaces musicales et tradition.
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Quel est votre public en Europe ?
La première fois que je suis venue en France, cétait
en 1998. Puis, je suis revenu en 2000 avec la troupe dun opéra.
Au même moment, jai donné un concert au Divan du Monde.
Cela ma permis davoir des contacts et avec la sortie du dernier
disque qui a reçu un très bon accueil, nous avons pu monter
une tournée. Après les Transmusicales de Rennes en décembre
2001, nous sommes revenus en mars en passant par la Belgique, lAngleterre,
lEspagne, le Portugal et la France. Ce qui est difficile pour moi
en France, cest que je dois traduire mes textes en français
: jaimerais tellement apprendre cette langue !

Quelles sont vos impressions par rapport au public français
?
Nous avons été très bien accueillis. Le public
est très chaleureux en France, il y a un esprit douverture
sur la musique. Jai le sentiment que dans les pays où il
fait froid, les gens ont besoin de chaleur. Cest très agréable
de venir donner cela et en même temps de recevoir cet enthousiasme.
Le contact est un peu plus facile en Espagne grâce à la langue.
Mais, pour moi, le public est le même dans le monde entier dans
le sens où tout le monde est à la recherche dun message,
de quelque chose de profond dans la vie ; cest ce qui permet davoir
une complicité avec les gens qui viennent nous écouter.
Avez-vous dautres projets en France ?
Jaime beaucoup Paris, cela me plairait beaucoup de venir y vivre.
Je suis aussi très attirée par le monde arabe et la France
permet de souvrir à cette culture. La musique de cette région
mintéresse beaucoup. Nous avons dailleurs un projet
avec le Centre Culturel La Filature de Mulhouse. Lidée est
de monter un spectacle et denregistrer un disque en association
avec la communauté turque et marocaine.
Comment a démarré votre carrière de chanteuse
?
Jai réellement commencé, il y a cinq ans, en chantant
dans des bars à Oaxaca et à Philadelphie où je me
suis initiée au jazz. A ce moment-là je navais pas
un projet défini : je chantais des standards de jazz et des chansons
populaires mexicaines, en particulier de lEtat de Oaxaca. Le groupe
de musiciens qui vous accompagne est-il toujours le même ? Je vis
à Mexico depuis cinq ans. Au début le groupe était
un mélange jazz-latino. Mais le groupe évolue, des musiciens
partent, dautres arrivent. La constante est que tous les musiciens
sont mexicains à part Paul Cohen. En fait, nous voyageons beaucoup
et cest compliqué pour ceux qui ont une famille. Par exemple,
nous faisons beaucoup de concerts aux Etats-Unis et nous pensons à
nous y installer. Nous verrons, mais jaimerais aussi beaucoup vivre
en France !
Votre dernier disque est assez différent des précédents,
quelle a été votre démarche ?
Pour le premier disque nous avions rencontré un mécène
qui nous a aidés à le produire ; la condition principale
du contrat était denregistrer des chansons de Oaxaca. Dailleurs
un groupe de musiciens indigènes a participé ce disque.
A ce moment-là, je chantais un peu sans penser à une démarche
particulière, cétait ce que je chantais dans les bars.
Par contre, le deuxième disque est plus puriste, mes objectifs
étaient plus clairs. Javais obtenu une bourse daide
à lécriture pour des chansons inspirées des
codex mexicains. Je voulais rendre hommage au peuple mixtèque,
dont ma mère est originaire. Je me disais que si cette musique
passait sur les radios, cela permettrait aux gens de cette région
de se replonger dans leurs origines avec des images indigènes autour
des dieux, du serpent à plumes, de larbre de vie
Pour
moi, lhistoire des ancêtres est importante et je veux la faire
connaître. Dans le dernier disque, jai voulu donner une base
de jazz en associant la musique populaire mexicaine. Mais vous abordez
aussi un thème très fort, celui de la frontière ?
Lidée originale était de faire un disque sur la discrimination
raciale au Mexique. A mon avis, il y a une hypocrisie sous-jacente par
rapport à nos racines, cela se traduit souvent par une attitude
de refus. Je voulais chanter là-dessus. Un autre thème important
pour moi est celui de la femme qui quitte la campagne pour aller travailler
à la frontière. Je voulais aussi rendre hommage aux gens
qui cultivent les oranges, les fraises, la vigne
Ces groupes sont
importants aux Etats-Unis et pourtant il y a une discrimination envers
les indigènes qui viennent travailler. Je pense que les Nord-américains
ne connaissent pas les origines indigènes de ces gens et ils nimaginent
pas quils parlent une langue millénaire. Je voulais parler
un peu de cela.
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Nous avons pu retrouver avec plaisir Lila Downs en printemps 2003 dans la bande son du film biographique "Frida". Toujours aussi enivrantes et nostalgiques, ses mélodies donne au film son ambiance si particulière qui a conquis le public américain. Cette bande son vaut le détour, et l'on retrouve Chavela Vargas mais aussi la fameuse "La Llorana", et recevra l'Oscar de la meilleur musique aux Oscar 2003 à Hollywood.
"Ponctué de chants mexicains nostalgiques,
engagés ou oniriques,
Frida tire une bonne partie de sa
puissance de sa musique."
- - -- - - - - - - - -- - - - - - - - -- - - - - - - - - - - - - - - Le Journal du Dimanche - 13/04/2003
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Ecoutez la musique du film, signée Lila Downs : http://iclassics.com/iclassics/album.jsp
Ecoutez des extraits de la bande son du film : Benediction and Dream (mp3 - 236 Ko) The Floating Bed (mp3 - 236 Ko) The Suicide Of Dorothy Hale (mp3 - 236 Ko) La Cavalera (mp3 - 236 Ko) |
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Pour en savoir plus sur Lila Downs :
aztlan.net/lila.htm
(us.)
perso.wanadoo.fr/mexiqueculture
(fr.)
Revue de presse :
www.terra.com.mx/ArteyCultura
(us.)
La maison de disque, Narada :
www.narada.com (us.)
"La Cantina, entre copa y copa" -
2006 :
www.narada.com/images/AlbumPage/LaCantina
(us.)
L'autre album, "Tree of Life" :
www.narada.com/images/AlbumPage/TreeOfLife
(us.)
Des Photos :
www.pays-vencois.com/downs.html (fr.)
Acheter ses disques, et les écouter avant...
www.hrmusic.com/discos/fadisc55.html
(fr.)
www.amazon.fr
(fr.)

et la musique mexicaine :
"Musiques
du Mexique, d'hier et d'aujourd'hui..."