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« La prière des Indiens » Dessin réalisé au moment de la Conquête |
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Il faut bien voir que ce qu'il défend chez ces Indiens, c'est l'homme, pas leur culture qu'il qualifie lui-même de « barbare ». Avec le temps, il pense pouvoir les convertir. Mais son action reste marginale. Il décide de rentrer en Europe pour plaider sa cause auprès de roi Ferdinand. La Conquête est presque achevée et il sait que le vrai problème est celui de la main d'oeuvre que réclame l'exploitation de ces nouvelles terres. Il envisage même de faire venir des esclaves noirs d'Afrique réputés plus vigoureux à la tâche. Il propose surtout de donner des droits aux indiens pour qu'il puissent se défendre face à leur conquérants. Il obtient du Roi une faveur inespérée : expérimenter son projet dans une nouvelle colonie des côtes du Venezuela. Là, les Indiens devront vivre à égalité avec les européens (et les Métis qui commencent à faire leur apparition). Mais les Indiens ne se font plus d'illusions sur leur sort. Il savent que les autres colonies ne change pas de méthodes. De plus, des guerres tribales ont éclatés dans la région. L'expérience est un échec. Désespéré, Las Casas retourne à Saint-Domingue où il se retire pendant dix ans (1522-1531). Il rédige là son « Histoire générale des Indes » qui, rapidement publiée, devient un véritable succès en Europe. |
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Les cruautés des Conquistadores contre les Indiens » (1599)
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Le prestige de Las Casas s'accroît rapidement en Europe et dans le Nouveau Monde. Mais les conquistadores poursuivent leur colonisation sans rien changer du système de l'« Encomienda ». En 1533, au Nicaragua, il réussit par son charisme à évangéliser les Indiens de Tezulutlán. La région montagneuse qu'ils habitaient était jusque-là insoumise, on la nommait « Tierra de guerra ». En peu de temps, elle deviendra la « Tierra de la Vera Cruz », « La terre de la vraie Paix »... En 1542, il retourne en Espagne pour plaider la cause des indiens auprès de Charles Quint. Il a déjà amassé une somme considérable d'informations sur ces Indiens : leur mode de vie, leurs coutumes et leur légendes, bref, tout ce qui nous permet aujourd'hui de connaître leur histoire. Son plaidoyer à la Cour est un succès, et les « Lois nouvelles » sont rapidement promulguées : elles abolissent l'esclavage et rendent le système l'« encomienda » de caducs. Il est du même coup promut évêque du Chiapas. Mais ces nouvelles lois sont mals accueillis par les colons et les autorités locales. Ils tentent pourtant de les faire appliquer, refusant par exemple les sacrements à ceux qui conservent encore des esclaves indiens. Ailleurs, la situation est pire. La menace que fait peser ces lois sur les bénéfices des Espagnols les font réagir brutalement. Des révoltes éclatent un peu partout, au Pérou et au Mexique. Des représentants du gouverneur son tués : l'Empereur est obligé de reculer. Le pouvoir doit ménager ces colons qu'elle a du mal à contrôler (il faut toujours plus d'un mois pour traverser l'Atlantique et ensuite le moindre trajet peu prendre des semaines...) La cupidité l'emporte sur les bons sentiments et Las Casas lui-même est finalement désavoué. Il doit quitter son évêché de San Cristóbal en 1546. |
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Bartolomé de Las Casas
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Las Casas retourne encore un fois en Espagne pour continuer sa lutte. C'est alors qu'à lieu la fameuse « Controverse de Valladolid ». Le Pape Jean III souhaitent connaître le statut de ces Indiens : « Ont-ils une âme ? ». Le débat est acharné entre Las Casas, qui vante les qualités morales qu'il a pu observer chez eux tout au long des ses missions, et Sepulveda qui, s'appuyant sur les écrits d'Aristote, prétend que ces créatures n'ont que l'apparence humaine. Sans âme, il ne sont que des animaux qu'il est normal de réduire à l'esclavage. Las Casas publie même clandestinement un ouvrage pour diffuser son point de vue auprès des nobles de la Cour : « La Brevísima Relación de la destrucción de las Indias »... Le livre fait scandale mais son objectif est atteint. Il meurent en 1566 à l'âge de 92 ans, un âge canonique pour cette époque. Il aura accompli douze fois la traversée vers le Nouveau Monde mais son combat n'était pas terminé... On ne peut nier que les missionnaires et autres religieux, par leur foi et leurs actions qu'ils ont théorisé sous le nom de « Théologie de la Libération », ont contribué à la survie de ces Indiens. Aujourd'hui encore, au Chiapas, ce n'est pas par hasard qu'on retrouve nombre de ces religieux dont le premier d'entreux, l'évèque Samuel Ruiz García, dans le combat pour l'émancipation des Indiens mené par le « Sous-commandant Marcos ». Ils n'ont pas oublié ce Bartholomé de las Casas qui a donné son nom à la capitale culturelle de l'Etat du Chiapas : San Cristóbal de Las Casas.
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Bartolomé de Las Casas
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A lire : Histoire des Indes. - Bartolomé de Las Casas
Voir l'Article de Libération pour la sortie d'« Histoire des Indes ». Par Philippe LANÇON - jeudi 31 octobre 2002
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Converso ou La fuite au Mexique. - Coll. Alter Ego. - Ed. Fayard, 2002.
Michel HORST
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L'histoire émouvante de Don Majén, un franciscain Espagnol débarqué au Mexique 50 ans après la Conquête de Cortès, qui nous raconte dans le détail l'histoire de ce choc des culturels, ainsi que sa relation avec Bartolomé de Las Casas : un récit simple et poignant sur ces Indiens qui ont vu leur civilisation s'effondrer et ces Européens qui s'accapare souvent dans la violence un nouveau monde : « Le tolérance viendra du cœur et non de la raison seule ». |
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Edition du timbre
du Vatican
Pour en savoir plus sur :
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