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Les Enfants du Mexique

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Le Mexique est un pays jeune par son histoire mais aussi par sa population."Ce
sont les jeunes qui font la richesse d'un pays", selon les dires des
démographes. Dans ce cas, c'est un brillant avenir qui attend le
Mexique. La moitié des 96 millions l'habitants à moins de
20 ans... Les enfants. A midi, dans les villes, on les voit surgir de
partout lorsqu'ils sortent de l'école. Ils ont tous cet uniformes
qui effacent les différences sociales. Bras dessus, bras dessous,
ils rentrent déjeuner chez eux et c'est toujours un spectacle que
de voir tant de joie et d'insouciance remplir les rues à l'heure
où le soleil est à son zénith :
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" Les enfants sortent joyeux de l'école
Ils emplissent l'air tiède
D'avril de leurs tendres chansons
Quelle allégresse au profond
Silence de la ruelle !
Un silence pulvérisé
Par des rires d'argent, clairs."
Federico García Lorca

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Partout, les enfants sont choyés et respectés. S'il se
retrouve orphelin, il sera recueilli par les voisins du quartier. Il faut
dire qu'en moyenne, il y quatre enfants par famille. La génération
précédente en comptait huit. On a l'habitude d'être
nombreux et la solidarité existe encore. Le gouvernement d'un des
états du nord du pays qui avait voulu imiter la méthode
chinoise de contrôle des naissances failli bien être renversé
par cette maladroite décision ! Mais tout n'est pas si rose. Ils
sont parfois exploités ou abandonnés, surtout dans les grandes
villes. Il n'est pas étonnants que les radios diffusent souvent
des messages appelant la population à dénoncer les mauvais
traitemements qu'ils peuvent subir, de la part de leurs parents ou de
leurs exploiteurs. En novembre 2002, une sordide histoire fait scandale
au mexique : un trafic d'enfants organisé par une matronne qui
vendait des enfants pour moins de 1000 €...
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La réalité est dure et souvent les enfants commencent à
travailler très jeune. Dès le matin, ce sont eux qui réveillent
les villes au cri de "Agua, agua...!". Ce sont les livreurs de
bombonnes d'eau qui traversent le quartier et livrent à domicile
car l'eau du robinet n'est pas potable. Ce sont les marchands de journaux
ou de chewing-gum à Mexico. Ou les "Clavadistas", les plongeurs
d'Acapulco, qui, pour la joie des touristes, se jettent de plus de 20
mètres dans le défilé rocheux de la "La Quebrada"
où s'engouffre violemment la mer. Et le spectacle à lieu
tous les jours, toutes les demi-heures.
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| Les "Clavadistas" de la Quebrada
- Acapulco |

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A Taxco, ils vendent toute la journée sur le zócalo, la
place centrale, les masques et les papiers d'amate confectionnés
par leurs parents. A Puerto Vallarta, sur le port, ils nagent jusqu'au
yacht des touristes pour les défier et leur demander de jeter des
pièces de monnaies qu'il vont chercher au fond de l'eau. A Mexicali,
près de la frontière américaine, ils drainent les
touristes vers les endroits louches et les tripots interdits. Quand ce
n'est pas pour des choses plus sordides. A Uruapan et ailleurs, ce sont
les cireurs de chaussures sur le zócalo et les vendeurs de chewing-gum.
Dans les supermarchés, à la caisse, ils sont deux ou rois
pour remplir les sacs de courses et les porter jusqu'à la sortie
du magasin ou même jusqu'à chez vous. Mais ils ne se risqueraient
pas à "faire la manche", qui est réservée
aux infirmes ou aux fous. (Mais cela change et le tourisme de masse a
généré une nouvelle forme de mendicité)
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D'un autre côté, si l'enfant est respecté, l'adolescent
n'a pas sa place dans la société mexicaine. Il lui faut
un métier, sinon il n'est rien. C'est l'âge où l'on
s'enfuit de la maison pour ne plus être un poids. Il sont nombreux
à vivre en vagabond sans qu'on les remarque. Et surtout à
Mexico. La population a redécouvert leur présence après
le tremblement de terre de 1985. Vivant dehors, ils furent épargné.
Mais ils furent aussi les premiers à s'organiser pour venir en
aide aux victimes. On peut dire qu'ils ont fait plus que les autres secoursites.
Ils faisaient enfin les titres des journaux alors que beaucoup d'habitants
ignoraient leur simple présence, et en si grand nombre au sein
de la cité.
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| " Galerie de l'âme...
L'âme enfant !
Sa claire lumière rieuse ;
et la joie de la nouvelle...
Ah ! renaître à nouveau,
parcourir le chemin, en ayant retrouvé le sentier perdu !
et de nouveau sentir dans notre main
cette palpitation de la bonne main de notre mère...
et cheminer en rêves par amour de la main qui nous mène."
Antonio Machado

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Ces enfants, que l'on voit partout dans ce pays, sont l'espoir du pays.
Plus de 50% de la population a moins de 20 ans ! L'avenir est pour eux.
On peut parier que d' ici 20 ans, et comme pour beaucoup d'autres pays
du continent Sud-Américain, le Mexique sera l'un des phares du
monde. En l'an 2000, la fin du règne sans partage du P.R.I. après
l'élection d'un président venant de l'opposition permettra
peut-être à ce pays d'accéder au rang qu'il mérite
dans le concert des nations. Et comme le dit ce dicton populaire, que
l'on chante dans toute l'Amérique Latine :
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| "Enfantez, mères latines !
Enfantez, plus de guérilleros
Ils sèmeront des jardins
A la place des tas d'ordure !"

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