Histoire du Mexique

Les Aztèques

Masque Funeraire Azteque...

 

« La conquête a effacé un héritage
qui fait défaut encore aujourd'hui »

J-M Le Clezio

Ce sont des Aztèques, de la tribu des Mexicas, qui donnèrent leur nom à la ville et au pays. On sait qu'ils ont fondé Tenochtitlán vers 1350. Nous avons des dates précises, au jour près, car les Aztèques possédaient une écriture et un calendrier très efficace. Les sciais, comme en Egypte, consignaient et conservaient tout. Leur histoire est étonnante. Partis du nord, comme bien d'autres avant eux, la tribu d'à peine un millier d'hommes, est rejetée par tous les autres groupes ethniques qui peuplent la région. Leur périples les mènent sur les rives du lac de Texcoco où apparaît enfin le signe de la prophétie qu'ils attendaient : sur une petite île, un aigle qui fond sur un serpent et le dévore... Cette scène est restée comme le symbole de la fondation du Mexique. On le trouve sur le drapeau nationale et aussi sur les pièces de monnaie. On comprend le symbole facilement. En moins de 150 ans, ce peuple belliqueux soumettra les peuples qui vivaient autour du lac, comme la fameuse cité unifié de Tlaxcala ou les tribus Tépaneques, puis les villes plus lointaines, imposant leur culte sanglant mais aussi leur style de vie raffinée.

 

Le disque solaire - Calendrier aztèque... retrouvé à Mexico...

Le disque solaire - Calendrier aztèque

 

 

D'un village dans une plaine marécageuse, ils feront la plus grande ville du continent qui comptera 500000 habitants à l'arrivée des Espagnols. La ville surpassa alors toutes ses rivales en taille et en splendeur. Leur art et leur culture, largement issus de leurs prédécesseurs Toltèques, nous sont en grande partie connus par les travaux des religieux qui ont participés à la rédaction de l'histoire de la Conquête, comme Bartolomé de Las Casas, et qui, avec l'aide des Indiens, recueillirent et consignèrent dans les fameux« Codex » les traditions de ce peuple aztèque que les Espagnols avaient vaincus. Ces Indiens qui bâtirent une grande civilisation virent disparaître, quasiment sous leur yeux et en moins de dix ans, un empire plus grand que ceux qui existaient en Europe. Il faut repenser cette épisode terrible de l'histoire. On sait aussi que ces Codex sont véridiques, en ce sens qu'il racontent la vie effective des ces Aztèques, de leurs rois, de leurs dieux, de leurs guerres, sans rien ajouter ni rien retrancher. Les coutumes étranges que ces textes et ces dessins décrivent étaient destinées aux gentilshommes de la cour d'Espagne et ils se devaient d'être le plus extraordinaires possibles. Aussi, les hommes qui recueillaient ces témoignages jugeaient-ils inutile de les améliorer. Ils nous ont laissés, par exemple, une écriture et surtout de la poésie, parfois naïve mais souvent d'une étonnante sensibilité :

 

« Je viens ici à la saison des pluies,
car je puis chanter sur les fleurs,
et le chant réjouit mon coeur.
Les eaux des fleurs forment comme une écume,
et mon coeur s'est enivré »
.

« Le bal de Nezahualcóyotl » - Chant Aztèque

 

Scène de sacrifice de l'époque de la conquête...

Scène de sacrifice de l'époque de la Conquête...

Tenochtitlán, la capitale aztèque, la « Cité des cités » était bâtie selon un plan rationnel, et l'organisation des activités humaines tellement bien réglée qu'elle étonna les envahisseurs qui ne connaissaient rien de tel en Europe. Les soldats de Cortès avaient vu une bonne partie de l'Europe et de ses splendeurs pendant leurs expéditions, mais Mexico dépassait en beauté tout ce qu'ils connaissaient. Découvrant cela, il était clair que les Espagnols n'allaient pas quitter ce lieu fantastique de si tôt. Il devait bien exister quelque part un trésor fabuleux comme personne n'en avait rêvé. L'empereur Moctézuma II, puis son successeur Cuauthémoc, et malgré la supériorité numérique de son armée, devait bientôt s'incliner devant l'envahisseur disposant d'armes, de chevaux et d'armures. Il faut dire que les Aztèques ne tuaient pas leurs adversaires durant le combat. Ils préféraient les capturer vivants et en bon état pour pouvoir ensuite les sacrifier aux dieux. Drôle de moeurs qui les conduira à leur perte. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ils furent horrifiés par la violence sauvage des Espagnols qui ne faisaient pas de quartier. Cela les démoralisa beaucoup. Les Espagnols comme le raconte un des chroniqueurs de la conquête :

 

« En voyant toutes ces villes et villages construits sur l'eau et sur les pourtour du lac
et une chaussée parfaitement droite et de niveau qui conduisait à Mexico.
Nous restâmes stupéfaits d'admiration
et nous disions que cela ressemblait à ces choses
d'enchantement qui sont racontées dans le livre d'Amandis...
Je ne sais comment je le raconte ;
voir des choses inouïes, pas même rêvées, comme nous le voyions... »

Bernal Díaz

 

Carte de l'Empire Azteque en 1519

L'Empire Aztèque en 1519

 

« Nous connaissons d'une façon plus entière et plus vivante que ceux des temps plus anciens les sacrifices humains de Mexico,
qui élèvent sans doute un sommet d'horreur dans la chaîne cruelles des rites religieux...
Les Aztèques n'étaient pas moins soucieux de sacrifier que nous ne le sommes de travailler. »

                                                                                                                                                    Georges Bataille (La Part Maudite)

 

La fameuse « Noche Triste » - 10 juillet 1520

La fameuse « Noche Triste » - 10 juillet 1520
Le massacre des Espagnols par les Aztèques, la dernière tentative pour vaincre les Conquistadores...


Pour en savoir plus sur :

« Les Aztèques et leur capitale Tenochtitlán »

www.france5.fr/inca-maya-azteque (fr.)

« L'histoire du Mexique »

« Les Olmèques »

« Les Mayas »

Le calendrier aztèque

 

Le calendrier aztèque

 

 

Voir l'Exposition de l'Eté 2012 :

 

Le Cinquième Soleil - Arts du Mexique du 11 juin au 11 novembre 2012

Le Cinquième Soleil

Arts du Mexique du 11 juin au 11 novembre 2012
au Musée du président Jacques Chirac

L'exposition présente plus de 150 œuvres des arts anciens et populaires du Mexique, fondées sur un substrat amérindien largement partagé. Des prêts exceptionnels du musée du quai Branly, de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale et de collectionneurs privés, couvrent 3000 ans de création artistique, d'une extraordinaire diversité culturelle.

Cinquième Soleil, temps cyclique et fin des mondes
La légende des Soleils décrit la succession des quatre mondes, ou Soleils, qui ont précédé le Cinquième Soleil, monde des Aztèques dans lequel nous vivons encore. Chacune de ces quatre ères, associée à une divinité, s'est achevée par une catastrophe (jaguars dévoreurs, vent-tempête, pluie de feu, eau-inondation). Le monde actuel, créé à Teotihuacan, fut mis en marche par le sacrifice de plusieurs divinités, devenues notamment le Soleil et la Lune.

Pour que vive ce 5ème Soleil, les Aztèques poursuivirent l'œuvre des dieux par d'autres sacrifices : la marche de l'Univers devait être nourrie de cœurs humains et de sang, cette "eau précieuse" qui donne la vie et le mouvement. L'image de l'exposition représente la date Quatre Mouvement qui marquera l'achèvement du Cinquième Soleil…

A voir absolument !

Plus d'infos : http://www.museepresidentjchirac.fr/fr/f3.php